Le Gardien "La sécurité en tout intimité"

Extraits de l'article du Dre Louise Nolet et M.Paul-André Perron
Le Médecin du Québec, volume 40, numéro 4, avril 2005

Il est tout aussi essentiel d’aménager la piscine de sorte que le jeune enfant ne puisse y accéder par ses propres moyens. Les médecins de famille sont bien placés pour transmettre ce message de prévention.

Des noyades fréquentes en milieu domestique
On aurait tort d’associer les noyades d’enfants exclusivement aux cours d’eau et aux plans d’eau naturels. L’examen des rapports des coroners montre qu’une histoire comme celle d’Étienne est loin d’être exceptionnelle, puisque environ la moitié des noyades d’enfants surviennent en milieu domestique.

À elles seules, les noyades dans une piscine privée sont aussi fréquentes que celles qui surviennent dans des plans d’eau naturels. Il est clair que les piscines privées représentent un danger particulier pour les jeunes enfants capables de se mouvoir, mais encore trop jeunes pour savoir nager et être conscients des risques de noyade. En effet, la plupart des victimes sont âgées de un à quatre ans (19 noyades sur 22, soit 86 %), ce qui explique par ailleurs la surreprésentation de ce groupe d’âge parmi toutes les noyades d’enfants.Les deux tiers des noyades d’enfants en piscine privée surviennent à domicile. Dans l’ensemble, ce sont le plus souvent les parents qui étaient responsables de la surveillance de l’enfant au moment de la noyade (79 % des cas). Ces noyades s’expliquent presque toujours par une combinaison de deux facteurs : le relâchement de la surveillance et l’absence de mesures appropriées pour empêcher l’accès à la piscine. Chez les enfants de un à quatre ans, le bambin accède à l’eau le plus souvent soit simplement en passant par un portillon laissé ouvert ou déverrouillé, soit en gravissant l’échelle de la piscine. Et personne ne se rend compte de la noyade pendant qu’elle survient…

Si les proches d’Étienne avaient été mieux informés des facteurs de risque de noyade, sa vie aurait pu être épargnée.

tableau

Le temps de submersion
Une étude américaine rétrospective, effectuée à partir d’une grande banque de données chez des jeunes de moins de vingt ans qui ont été submergés, a révélé que la durée de la submersion est le principal indicateur du pronostic. L’étude a indiqué que la durée de la submersion influence le risque de décès ou de séquelles neurologiques graves. Il est intéressant de constater qu’une submersion qui dure de 6 à 9 minutes comporte un pronostic environ six fois pire que celles qui durent moins de 6 minutes, d’où l’importance de bien surveiller les enfants lorsqu’ils sont dans l’eau ou encore lorsqu’ils s’amusent près de l’eau.

Durée de submersion et pronostic
Durée de submersion 
(minutes)  
Risque de décès ou de séquellesneurologiques graves (%)
De 0 à 5 10
De 6 à 9 56
De 10 à 25 88
Plus de 25 100
  
Document complet disponible ici

La Dre Louise Nolet est coroner en chef adjointe. M. Paul-André Perron est agent de recherche au Bureau du coroner à Québec. Il est titulaire d’un doctorat en sciences politiques.
 
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