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Il est tout aussi essentiel d’aménager la piscine de sorte que le jeune enfant ne
puisse y accéder par ses propres moyens. Les médecins de famille sont bien placés
pour transmettre ce message de prévention.
Des noyades fréquentes en milieu domestique
On aurait tort d’associer les noyades d’enfants exclusivement aux cours d’eau et
aux plans d’eau naturels. L’examen des rapports des coroners montre qu’une histoire
comme celle d’Étienne est loin d’être exceptionnelle, puisque environ la moitié
des noyades d’enfants surviennent en milieu domestique.
À elles seules, les noyades dans une piscine privée sont aussi fréquentes que celles
qui surviennent dans des plans d’eau naturels. Il est clair que les piscines privées
représentent un danger particulier pour les jeunes enfants capables de se mouvoir,
mais encore trop jeunes pour savoir nager et être conscients des risques de noyade.
En effet, la plupart des victimes sont âgées de un à quatre ans (19 noyades sur
22, soit 86 %), ce qui explique par ailleurs la surreprésentation de ce groupe d’âge
parmi toutes les noyades d’enfants.Les deux tiers des noyades d’enfants en piscine
privée surviennent à domicile. Dans l’ensemble, ce sont le plus souvent les parents
qui étaient responsables de la surveillance de l’enfant au moment de la noyade (79
% des cas). Ces noyades s’expliquent presque toujours par une combinaison de deux
facteurs : le relâchement de la surveillance et l’absence de mesures appropriées
pour empêcher l’accès à la piscine. Chez les enfants de un à quatre ans, le bambin
accède à l’eau le plus souvent soit simplement en passant par un portillon laissé
ouvert ou déverrouillé, soit en gravissant l’échelle de la piscine. Et personne
ne se rend compte de la noyade pendant qu’elle survient…
Si les proches d’Étienne avaient été mieux informés des facteurs de risque de noyade,
sa vie aurait pu être épargnée.

Le temps de submersion
Une étude américaine rétrospective, effectuée à partir d’une grande banque
de données chez des jeunes de moins de vingt ans qui ont été submergés, a révélé
que la durée de la submersion est le principal indicateur du pronostic. L’étude
a indiqué que la durée de la submersion influence le risque de décès ou de séquelles
neurologiques graves. Il est intéressant de constater qu’une submersion qui dure
de 6 à 9 minutes comporte un pronostic environ six fois pire que celles qui durent
moins de 6 minutes, d’où l’importance de bien surveiller les enfants lorsqu’ils
sont dans l’eau ou encore lorsqu’ils s’amusent près de l’eau.
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Durée de submersion et pronostic |
Durée de submersion
(minutes) |
Risque de décès ou de séquellesneurologiques graves (%) |
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De 0 à 5 |
10 |
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De 6 à 9 |
56 |
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De 10 à 25 |
88 |
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Plus de 25 |
100 |
Document complet disponible ici
La Dre Louise Nolet est coroner en chef adjointe. M. Paul-André Perron est agent
de recherche au Bureau du coroner à Québec. Il est titulaire d’un doctorat en sciences
politiques. |
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